L’an dernier, j’étais à Saint-Gédéon pour des vacances en famille. Nous avions loué un chalet sur le bord du Lac Saint-Jean. Mais dans ma tête, outre l’immensité du lac, le côté rustique irrésistible du paysage et l’idée de prendre du recul dans la nature, je savais que nous allions nous retrouver à quelques minutes de la Microbrasserie du Lac Saint-Jean. Pour un gars comme moi, assoiffé de découvertes et de plaisirs gustatifs, l’occasion était belle pour aller réchauffer un tabouret au bar du village.

micro_du_lacEn arrivant à Saint-Gédéon de Grandmont – parce que c’est ÇA le nom complet de l’endroit; il faut y vivre pour le savoir – j’ai envoyé un courriel à Marc Gagnon, l’un des propriétaires de la brasserie. De long en large, je voulais savoir ce que je ne devais absolument pas manquer lors de mon passage dans son antre. Il m’a invité à dîner et j’ai eu droit au tour du proprio. Attablé avec son frère Charles, aussi proprio de la micro – avec Annie St-Hilaire qui complète le trio – Marc m’a accueilli avec une palette de dégustation et un plateau brillamment nommé «les trois coins du canard». Magret de canard fumé aux copeaux de Jack Daniel’s et laqué à la bière, crème de foie gras en pot et terrine de canard. Le tout est accompagné de pommes, passantes épicées, confit d’oignons à la bière Tante Tricotante et pain. Si vous n’êtes pas déjà en train de saliver, vous pouvez continuer votre lecture.

Comme c’est de plus en plus la norme dans les pubs et microbrasseries qui connaissent bien leurs produits, la serveuse a déposé les galopins devant nous dans un ordre de dégustation prédéterminé, selon l’intensité des bières. Nous avons bien bu et bien mangé, dans l’ordre et dans le désordre, en discutant des projets de la brasserie (qui font maintenant partie du présent).

La Micro du Lac a nettement augmenté sa production au cours de la dernière année suite à d’importantes rénovations et à l’achat de nouveaux équipements. Leurs produits sont de plus en plus disponibles, un peu partout au Québec. Toutefois, leur véritable raison d’être demeure la région et son terroir qu’ils n’hésitent pas à mettre en valeur dans leurs plats et leurs bières. Plantes, herbes, épices boréales, tout y est! Le programme de vieillissement en barriques de la brasserie s’est aussi beaucoup diversifié et le potentiel d’expérimentation est fort intéressant. Parlant de barriques… et question de vous mettre l’eau à la bouche, je vous laisse avec quelques notes de dégustation de ma bière préférée de la maison : La Tante Tricotante Chardonnay. Puissent ces quelques lignes vous donner l’envie incontrôlable d’aller vous procurer une bouteille sans perdre une seconde.

tante_tricotante_chardonnayJe me retrouve devant une bière blonde-orangée, voilée, qui présente un alléchant nez de fruits mûrs. En bouche, le bois et la flore des barriques utilisées confèrent un charme fou à cette bière que je trouvais déjà exquise. Des pointes d’agrumes prennent leur place dans une vague à la fois vanillée et boisée. Une sensation vineuse s’installe, sans le côté omniprésent de l’alcool, bien que la bière affiche un degré non négligeable de 10%. Il y a quelque chose d’à la fois réconfortant et rafraîchissant dans ce produit que j’aime avoir dans le frigo lors d’occasions spéciales. Et Dieu sait que tous les prétextes sont bons! Ce produit est distribué un peu partout au Québec de façon irrégulière; il faut l’attraper lorsqu’il passe. Mais il y en a pas mal toujours à la boutique de la microbrasserie ou dans les commerces spécialisés de la région. Santé!

Un billet de:

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PierreLuc Gagnon

Chroniqueur, conseiller, spécialisé en bières de microbrasseries québécoises