La cueillette fait définitivement partie de mon histoire comme de celle de plusieurs; de lointains souvenirs où j’accompagnais ma mère dans les lisières boisées aux abords des champs de la ferme familiale pour y cueillir des framboises ou des petites fraises, des journées chaudes de fin d’été à ramasser des bleuets pour cumuler un peu d’argent de poche avant la rentrée des classes, mes premières expériences mycologiques, mon guide d’identification en main, afin de dénicher quelques champignons comestibles. Du plus longtemps que je puisse me souvenir, il s’agit pour moi d’une activité où l’on peut pleinement apprécier la richesse que la nature peut nous offrir en ressources mais également en moments de quiétude. Encore aujourd’hui je suis toujours fébrile à l’idée de mes futures récoltes qui se font de plus en plus variées et c’est maintenant à mon tour d’y initier mes enfants.

Que ce soit pour le plaisir ou pour en faire une activité lucrative, la cueillette nécessite un minimum de planification mais surtout d’informations. Il faut effectivement savoir quoi cueillir, où le cueillir, comment le cueillir et pour qui le cueillir. Les réponses à plusieurs de ces questions sont regroupées sur le site www.cueilleurpro.com incluant un calendrier de récolte présentant les espèces les plus intéressantes selon la période de l’année, indiquant les sites où les repérer, leur méthode de récolte ainsi que les acheteurs potentiels du fruit de votre labeur. Car effectivement, bien que la cueillette revête un plaisir manifeste de dégustation à venir, elle peut également, si elle est abondante, représenter une source de revenu intéressante puisque plusieurs entreprises de la région s’approvisionnent auprès de cueilleurs pour des ressources variées.

 blueberries-801571_1920 (2)Il y a d’abord la cueillette de petits fruits sauvages. L’industrie du bleuet est structurée pour la cueillette en forêt. Il existe d’ailleurs une Association des cueilleurs de bleuets hors bleuetière ainsi que plusieurs postes d’achat répartis sur le territoire. Pour en savoir davantage, contactez le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec.

La cueillette des champignons sauvages est en pleine effervescence dans la région. Quelques entreprises en font d’ailleurs l’achat et la vente (Morille Québec, Champignon boréal, Champignons nordiques, Champignons forestiers Guy Martin). Cette cueillette nécessite toutefois des connaissances d’identification et certaines organisations permettent aux amateurs de s’y initier par le biais de formations, de sortie terrain ou d’échange d’informations (entreprises, associations, cercles mycologiques…). Les espèces les plus communes et faciles à identifier sont la morille, la chanterelle commune et la chanterelle en tube, la dermatose des russules (appelée aussi champignon crabe) ainsi que les bolets qui sont presque tous comestibles.

épices exterieurPlusieurs plantes sauvages peuvent également faire l’objet d’une cueillette domestique ou commerciale. Les boutons de marguerite peuvent être utilisés comme des câpres une fois marinés. Les chatons de l’aulne tardif, les fruits du myrique baumier et les chatons de la comptonie voyageuse sont très aromatiques  et, une fois broyés, s’utilisent en substitution de plusieurs épices tout comme les feuilles séchées de thé du labrador et de thé des bois. Plusieurs de ces plantes peuvent également être cueillies en vue d’en extraire des huiles essentielles comme le fait d’ailleurs le Groupe BoréaRessources auquel est associé la Coopérative forestière Ferland-Boileau.

Si d’aventure la cueillette commerciale vous intéresse, sachez qu’il est toujours préférable de contactez les acheteurs potentiels au préalable afin de bien vous enquérir des conditions et critères d’achat.

Les livres Secrets de plantes (I et II) de Fabien Girard, un biologiste de la région, représentent une bonne source d’informations concernant plusieurs plantes, petits fruits et champignons sauvages que je recommande à ceux qui souhaitent découvrir la diversité de la nature boréale.

Un billet de :

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Isabelle T. Rivard,

Créneau d’excellence AgroBoréal

[email protected]