Actuellement, le gaspillage alimentaire est au cœur des problématiques et des débats grandement médiatisés.

Par contre, plutôt que de vous jaser de « gaspillage », terme assez démoralisant (bien que démonstratif de la situation) pour les producteurs et transformateurs de la région, nous parlerons de « rentabilité alimentaire », qui consiste à utiliser, lorsque possible, un aliment à son plein potentiel et qui, concrètement, nous pousse à vouloir encourager une action positive et économique, plutôt que de participer à une lutte sans fin contre quelque chose de particulièrement négatif.

Pourquoi donc le Saguenay — Lac-Saint-Jean, région où les habitants applaudissent sans relâche ses produits agroalimentaires et agricoles, ne deviendrait-il pas un exemple de mobilisation en ce qui a trait à l’utilisation maximale de ces aliments du terroir ?

L’industrie travaille avec acharnement et ce, depuis toujours afin de nous présenter fièrement des aliments de qualité, misant sur l’accessibilité et l’innovation continuelles de leur offre. Ne devrions-nous pas en tirer profit jusqu’au bout ? Ce dévouement de leur part est d’ailleurs grandement apprécié de la nôtre, consommateurs de tous les jours devant jongler avec la hausse du prix du panier d’épicerie et du reste des dépenses obligatoires. Il devient donc évident que l’achat d’aliments de qualité par rapport aux quelques manipulations supplémentaires que nous demande cette utilisation intégrale est à privilégier !

Bien sûr, le premier exemple de déchet alimentaire qui nous vient en tête, c’est la quantité considérable de pelures de légumes et fruits que nous jetons et qui devient, économiquement et nutritionnellement parlant, une perte importante au fil du temps.

Saviez-vous que c’est dans ces pelures mal aimées que se trouve la majorité des fibres alimentaires insolubles ? C’est donc en les cuisinant que vous bénéficierez au maximum de leurs bienfaits, soit le prolongement de l’effet de satiété, l’amélioration du transit intestinal, la circulation fluide, l’élimination efficace… N’en disons pas plus, vous comprenez le résultat !

Voici quelques trucs pour vous inspirer à cuisiner vos « déchets » :

– Vous faites une compote de pommes ou une tarte et il vousphoto-1424593463432-4104fa2c015a reste les pelures et les cœurs ? Servez-vous-en pour faire une gelée de pommes ou bien des « chips sucrées » au four, avec un peu de cannelle et de sucre.

– Pour les épluchures de carottes, faites-en un confit ou ajoutez-les à vos salades !

– Les patates… Il est préférable de conserver la pelure le plus possible (frites au four, pomme de terre au four, etc.) lorsque plus difficile, il est tout aussi facile d’en faire des croustilles au four avec un peu de sel et d’huile.

– Pour toute autre pelure/cœur/bout (d’ail et d’oignons, de navet, tiges de persil, pieds de champignons, etc.), conservez-les au fur et à mesure au congélateur (bien lavés) et lorsque vous faites un bouillon, mettez-les dedans. Il suffit de bien filtrer et vous ajouterez ainsi beaucoup de saveurs à votre recette.

– Pour les légumes moins attirants, coupez-les en cubes et conservez-les dans un contenant au congélateur. Au moment de la sauce à spaghetti trimestrielle ou du potage d’hiver, vous n’aurez qu’à les rajouter à la cuisson et votre recette deviendra unique à chaque fois !

– Pour les fruits qui, comme nous le savons, vivent une brève jeunesse, faites de même : lavés et coupés en cubes, congelez-les (idéalement sur une plaque puis mis par la suite dans un contenant afin d’éviter qu’ils ne forment un glaçon géant) et ajoutez les à vos smoothies matinaux. Impossible à repérer !

– Votre pain devient moins frais ? Agissez avant qu’il ne s’auto design en bleu ! Vous pouvez simplement le congeler pour plus tard, ou bien en faire du pain doré, du pouding au pain ou plus facilement, le sécher au four et en faire une chapelure agréable à assaisonner ou des croûtons pour des salades plus texturées. Évidemment, ce n’est pas toujours un problème de fraîcheur, mais bien un rejet des extrémités. Ces trucs sont donc aussi valables pour les exclus !

Pour les autres produits qui menacent de déjouer la date d’expiration (dont le respect est un choix bien individuel), il est toujours possible de congeler pour réutiliser plus tard ou bien d’improviser une recette facile de pâtes « surprise », composée des restes de la semaine.

L’idéal dans la préparation des produits régionaux, c’est l’absence totale ou partielle de pesticides (grande offre biologique). Vous aurez donc la conscience tranquille à consommer les pelures, bien que je vous conseille de les rincer correctement pour enlever les résidus de terres.

En sachant ceci, devenez vous-même cuisinier responsable et n’ayez plus peur d’aller vous procurer le pain de boulangerie qui ne contient pas d’agents de conservation ou encore d’adhérer aux paniers bio durant l’été ! Vous êtes aptes à tirer profit de tout ce que vous achetez. De plus, transformez ce concept de réduction des déchets alimentaires en défi à la maison et même les jeunes (ou le conjoint au cœur d’enfant) seront motivés à y participer !

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Qui de mieux pour nous en parler qu’un « Ambassadeur de saveurs », sensibilisé à utiliser le plein potentiel des aliments, surtout ceux de la région ?

Selon le chef Jonathan Grenon de l’Auberge des Battures, le plus important en cuisine et à la maison, c’est d’acheter ses produits le plus frais possible et d’en faire soi-même la transformation. « Souvent en épicerie, le poulet entier est au même prix que deux poitrines désossées. Il est beaucoup plus économique de le parer soi-même pour en extraire ces deux mêmes poitrines, en plus de la viande, les restes nous permettent de faire un bon bouillon ! Ainsi, toutes sortes de déclinaisons s’offrent à vous. » Pour sa part, il trouve très important et rentable de prendre le temps de choisir lui-même ses aliments directement chez le producteur, s’assurant ainsi de la qualité et de la fraîcheur du local, lui permettant d’en tirer le maximum ! Un bel exemple d’implication !

Soyez créatif !

 

Un billet de:

Émilie TremblayÉmilie Tremblay,

Technicienne en diététique

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